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Mis à jour le 21 février 2025
21 février 2025
6 mins de lecture
Christine Ochefu
Journaliste
L'autrice et illustratrice française Camille Piantanida a imaginé pour nous une histoire courte qui met en lumière l'impact de la surproduction et de la surconsommation dans le domaine des technologies.
Camille Piantanida, illustratrice bordelaise et autrice jeunesse, est passionnée d’écologie et adepte des messages porteurs de sens. Dans cette interview, elle raconte la création de On répare et ça repart !, conçu avec Back Market, un livre qui sensibilise de manière pédagogique à la surproduction et à la surconsommation des appareils électroniques, tout en valorisant l’économie circulaire et la réparation.
Camille partage son processus créatif, de ses esquisses aux illustrations finales, ainsi que son style visuel naïf et coloré, inspiré par Pénélope Bagieu ou Sempé. Engagée pour l’environnement, elle défend une éducation responsable pour guider les enfants vers des pratiques durables.
Bonjour Camille. Peux-tu nous expliquer ton processus d'illustration pour ce projet ? Par où as-tu commencé ?
J’ai commencé par m’imprégner des valeurs de Back Market, en explorant l’ambiance de son fabuleux Lab de Bordeaux et en échangeant longuement avec les personnes qui y travaillent. Ensemble, on a réfléchi aux messages à transmettre aux enfants, à la fois sensibles aux problématiques environnementales et futurs consommateurs de produits technologiques.
Au début du projet, j’étais uniquement missionnée pour l’écriture. J’ai griffonné un synopsis. Dans mon esprit, les textes et les illustrations sont étroitement liés. J’ai donc crayonné des petits dessins au milieu de mon story-board pour illustrer comment j’imaginais la construction de ce livre, situé à la croisée d’un album jeunesse, d’une BD et d’un documentaire.
Mes petits dessins improvisés ont plu à Back Market, qui m’a confié la réalisation des illustrations !
J’ai alors repris mes crayonnés et les ai mis au propre sur mon carnet à dessin. Je les ai ensuite scannés, et « encrés » grâce à ma tablette graphique, qui est ma meilleure alliée : elle me permet de me tromper, de recommencer, de déplacer des éléments, et de tester des dizaines de couleurs avant de trouver la bonne.
Comment décrirais-tu ton style et quelles sont tes principales sources d'inspiration ?
Mes illustrations sont plutôt naïves, colorées. Elle s’adressent à la jeunesse, mais aussi aux adultes qui ont su conserver leurs regard d’enfant (et ils sont plus nombreux qu’on ne le pense !).
En tant qu’autodidacte, je ne m’inscris pas dans un courant précis, mais je suis influencée par mon environnement. Parmi les auteurs et illustrateurs qui m’inspirent et qui occupent une place importante sur mes étagères, on trouve Sempé pour l’humour, Pénélope Bagieu pour l’engagement, Cati Baur pour la sensibilité féminine, Benjamin Rabier pour les animaux. Et il y en a tant d’autres qui habitent chaque recoin de ma maison !
Comment parviens-tu à sensibiliser les enfants à des enjeux techniques ou environnementaux tout en conservant le caractère ludique et attrayant de l’histoire ?
Notre objectif commun n’est pas d’effrayer ou de culpabiliser les lecteurs. Les jeunes héros de l’histoire prennent conscience que nos appareils tech sont des trésors de technologie et qu’il faut en prendre soin. Cependant, la carte aux trésors révèle l’impact environnemental lié à leur fabrication…
Mes héros (et je l’espère, mes lecteurs) découvrent le caractère ludique du reconditionnement : réparer, c’est rigolo ! Les reconditionneurs sont des magiciens aux doigts de fée, et donner une nouvelle vie aux objets est incroyablement gratifiant. J’ai moi-même eu la chance de visiter le Lab de Bordeaux, où les appareils reconditionnés sont testés, et j’ai trouvé ce lieu vraiment cool.
D’ailleurs, réparer, revendre, faire circuler… On le fait déjà avec les vêtements, les jouets, les voitures ou les meubles sur les plateformes comme Vinted ou Le Bon Coin… Ces habitudes sont ancrées. Les enfants grandissent dans cette culture de consommation plus intelligente. Il est temps d’étendre ces bonnes habitudes au domaine de la technologie.
Comment ce livre peut-il, selon toi, sensibiliser et soutenir le mouvement en faveur du droit à la réparation ?
Je suis maman de trois enfants et c’est grâce à eux que j’ai pris conscience de nombreuses choses sur le respect de l’environnement.
En tant que consommateur, on a un pouvoir immense : celui de choisir. Je privilégie un jouet sans pile, un cadeau chiné, un objet sans emballage superflu. À nous d’utiliser notre pouvoir pour faire la différence !
Je crois dur comme fer en l’importance de l’éducation et en la richesse de ce qui peut être transmis dès l’école primaire. Par exemple, ce sont les enseignantes de mes enfants qui m’ont initiée au zéro-déchet, en suggérant d’emporter un pique-nique sans emballage lors d’une sortie scolaire. J’avais cette idée derrière la tête, et mes enfants m’ont encouragée à passer à l’action.
Dans l’album, on a intégré un jeu, un coloriage et une liste de défis pour mettre en pratique les enseignements de l’histoire. Mon souhait est que les enseignants et les parents s’approprient ces outils afin de sensibiliser les enfants de manière ludique aux enjeux de la réparation et de la déconsommation.
C’est essentiel : les enfants d’aujourd’hui seront les consommateurs de demain. En grandissant, ils vont s’équiper d’objets technologiques, ou en pensant à faire réparer leurs appareils avant d'en changer Il y a encore beaucoup à faire, notamment sur la perception des objets que l’on peut s’acheter. J’ai une aversion pour cette mentalité qui consiste à afficher sa réussite à travers une voiture rutilante ou une montre étincelante. Je rêve d’une société où la véritable réussite serait de ne pas avoir contribué à faire travailler des enfants à l’autre bout du monde pour produire ce que l’on consomme.
As-tu déjà travaillé sur des projets similaires de sensibilisation ? Si oui, en quoi se distinguent-ils de celui-ci ?
Le monde de l’illustration est un excellent moyen de transmettre des messages importants. Les sujets qui me tiennent à cœur sont le respect de l’environnement, la santé, le social et le patrimoine.
J’aime aborder ces sujets à travers ma collection d’albums jeunesse Macaron et Canelé (éditions Mollat) qui raconte les aventures de deux chats bordelais depuis 2010. Dans Macaron et Canelé ne manquent pas d’air… pur ! et Macaron et Canelé – Tous aux jardins partagés !, l’écologie est au cœur du récit. Ces albums ont même été adaptés par une compagnie théâtrale. Le prochain album de Macaron et Canelé abordera les thèmes de l’accueil et de l’entraide. Car ça aussi, c’est important.
Toujours dans l’optique de sensibiliser enfants et parents, j’ai créé des jardins partagés dans mon village pour promouvoir la consommation locale.
Je mène également chaque année de nombreux projets joyeux avec des écoles. On crée des livres, des fresques… Que du bonheur !
As-tu des projets à venir axés sur le développement durable ou des thèmes similaires ?
J’ai plein d’idées de projets autour de cet album On répare et ça repart ! avec Back Market ! J’aimerais que l’on puisse développer des ateliers ludiques et interactifs avec les classes d’écoles élémentaires. Dans le jeu de l’oie inversé du livre, l’objectif est de faire le plus de tours possible afin de prolonger la vie de sa console et de retarder le moment où elle sera jetée. On pourrait créer un grand plateau de jeu pour organiser des parties géantes !
Avec la traduction anglaise du livre, notre histoire pourra toucher un public plus large et influencer les habitudes au-delà des frontières. Je suis vraiment enthousiaste à l’idée de cette ouverture.
Pour finir, je résumerais avec ces mots : le pouvoir des enfants est immense ! Ils ont l’avenir entre leurs mains. C’est à nous de les sensibiliser et de leur offrir les clés… reconditionnées !